COALITION POUR L'ACCÈS À L'AIDE JURIDIQUE
 

Même les pauvres n'ont pas accès à l'aide juridique !

Saviez-vous que des personnes travaillant au salaire minimum et des personnes âgées n’ayant que leur pension de la sécurité de la vieillesse ne sont toujours pas admissibles à l’aide juridique ? Malgré leur pauvreté, ce droit leur est refusé.
 
Une telle situation est inadmissible et un virage s’impose. Il y a urgence.
 
Pourtant, en 2005, le gouvernement modifiait les seuils d’admissibilité alléguant vouloir « offrir une justice plus accessible »1 et ainsi permettre à 900 000 personnes de plus d’avoir accès à l’aide juridique sur une période de cinq ans. La réforme est étalée de 2006 à 2010.
 
Le bilan mi-étape
 
Un seul constat s’impose après deux ans : la réforme a complètement échoué.
 
À ce jour, nous ne constatons aucune augmentation du nombre de personnes pouvant bénéficier des services d’aide juridique. Pourtant, les besoins sont là. Le ministre de la Justice doit se rendre à l’évidence : les seuils d’admissibilité sont encore à un niveau tellement bas qu’ils ne répondent pas aux objectifs recherchés. Ils constituent le principal facteur d’exclusion des personnes désirant des services.
 
Comment le ministre peut-il maintenir le cap avec une « réforme » qui ne donne aucun résultat ? Où vont les sommes qui ont été consenties pour l’amélioration d’un programme dont la nécessité ne fait pas de doute ?
 
Un virage nécessaire
 
Le ministre de la Justice a les moyens d’agir.
 
En conséquence, nous demandons au ministre Jacques P. Dupuis de modifier le règlement sur l’aide juridique pour que, dès le 1er janvier 2008, les seuils d’admissibilité à l’aide juridique permettent à toute personne travaillant au salaire minimum ou ayant un revenu équivalant d’obtenir des services gratuits à l’aide juridique.
 
Le gouvernement a la capacité d’agir puisque les modifications réglementaires de 2005 sont accompagnées d’engagements financiers2 qui, dans les faits, ne sont pas utilisés pour fournir plus de services à la population.
 
En ce moment, trop de personnes et de familles pauvres sont exclues, ne peuvent défendre leurs droits ou doivent verser des contributions qui excèdent leur capacité de payer. L’accès à la justice est un droit, une question de justice sociale !
 
Des changements au régime d’aide juridique s’imposent dès maintenant. Affirmer vouloir « offrir une justice plus accessible » ne mène à rien si l’action ne suit pas…
 
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1. Conférence de presse du ministre de la Justice de l’époque, Yvon Marcoux, 21-10-2005.
2. La dépense récurrente devait être de l’ordre de 30 millions de dollars.